Éditions Beya

  • Éditions Beya
  • volume n°41
  • 16 x 23cm
  • 690 pages
  • ISBN : 978-2-930729-29-9
  • couverture cartonnée cousue
  • illustrations en noir et blanc : 14
  • parution : decembre 2024

THOMAS Vaughan dit Eugène Philalèthe

PHILALÈTHE - OEUVRES COMPLÈTES

Préface, traduction et notes de Clément Rosereau

Thomas Vaughan (1622-1666), alias Eugène Philalèthe, alchimiste anglais originaire du pays de Galles, est probablement l’un des plus grands maîtres de la tradition hermétique occidentale. Il est le contemporain d'Irénée Philalèthe (1628-1665), avec lequel il ne doit pas être confondu. Héritier des humanistes de la Renaissance, il réunit dans ses traités toute la science chrétienne, cabalistique, païenne et alchymique. Mais ne nous y trompons pas ! À travers ces différents voiles, l’auteur ne nous parle que d’une chose : la véritable création du ciel et de la terre, objet de la quête des chercheurs de Dieu. C’est en connaisseur qu’il nous la décrit, comme il l’affirme à plusieurs reprises. Son témoignage, exprimé dans un langage très accessible, est extrêmement précieux.

Nous espérons que cette nouvelle publication permettra à Eugène Philalèthe de trouver aujourd’hui des héritiers spirituels, et qu’elle contribuera à éclairer les coeurs des vrais amants de Dieu !

Ouvrage préparé en collaboration avec Odile Dapsens.

 


Introduction d’Emmanuel d’Hooghvorst ............................. VII
Préface de Clément Rosereau ....................................... XV
L’Anthroposophie théomagique ....................................... 1
L’Âme magique cachée .............................................. 77
L’Homme-Souris ................................................... 139
La Magie adamique ................................................ 193
Le Ciel terrestre ................................................ 273
Lumen de Lumine .................................................. 331
Les Douze Aphorismes magiques .................................... 413
La Maison de la lumière .......................................... 425
La Fraternité Rose-Croix ......................................... 467
L’Euphrate ....................................................... 527
L’Eau de vie, non de vigne ....................................... 597
Index des noms propres et communs ................................ 617
Index des ouvrages cités ......................................... 647

27 Février 2025

Présentation des Oeuvres Complètes de Philalèthe, par Rémy Boyer dans «La Lettre du Crocodile» :

Clément Rosereau a accompli un travail exceptionnel de traduction et d’annotation pour nous offrir les Œuvres complètes de Thomas Vaughan, publiées désormais dans une très belle réalisation aux Editions Beya, avec une introduction d’Emmanuel d’Hooghvorst qui le tira de l’oubli en 1958.

Thomas Vaughan (1622 ?-1666 ?), qui s’est présenté comme disciple d’Henri Corneille Agrippa (1486-1535) à qui il dédia ses travaux, nous est connu notamment par une controverse violente avec Henry More de l’Université de Cambridge. Il fut aussi un fervent étudiant des travaux de Paracelse à qui il emprunta ses remèdes spagiriques. Ses ouvrages d’hermétisme furent publiés de 1650 à1655.

En réalité, nous savons peu de sa vie. Lui et son frère, Henry, connu comme poète, firent leurs études de médecine à Oxford. Féru de langues orientales, latiniste et maîtrisant le grec, Thomas Vaughan se passionna pour la philosophie hermétiste qu’il chercha à concilier, précise Clément Rosereau, avec les Saintes écritures. Il aurait été ordonné prêtre en 1645. Renommé dans les milieux alchimistes, il fréquentera l’Invisible College des Frères de la Rose-Croix et sera proche de plusieurs personnalités marquantes des courants initiatiques de son époque, notamment rosicruciens ou maçonniques, comme Sir Robert Moray (1607 ?-1673) de la Royal Society, ou Elias Ashmole (1617-1692). Par son journal, nous savons toute l’importance de son épouse et muse dans sa vie et pour son œuvre.

Clément Rosereau, dans sa préface, distingue l’homme dans la société, Thomas Vaughan, de l’adepte, Eugène Philalèthe :

« Eugène » : le bien né ; « Philalèthe » : amoureux ou amant de la vérité, ou aimé de la vérité. Nouveau nom hermétique, signe que quelque chose se serait produit dans la vie de l’auteur, marque d’une métamorphose, d’une transformation, signe d’une nouvelle naissance, d’une nouvelle génération, la vérité l’ayant aimé, touché, doté de cette grâce, élection rare et exceptionnelle. Une façon d’exprimer pudiquement l’Adeptat. L’on ne peut manquer de penser à Virgile, qui dit que « pour réussir, il faut être aimé de Jupiter » ou avoir reçu « une ardente vertu » (Enéide, VI, 130). Eugène Philalèthe a réalisé le Grand Œuvre : il le dit d’ailleurs clairement. Il peut donc témoigner et écrire, il sait de quoi il parle. »

D’où l’importance de cette édition rassemblant ses textes qui s’inscrivent dans un héritage traditionnel (Raymond Lulle, Paracelse, Basile Valentin, Sendivogius, Pic de la Mirandole, Cervantes, entre autres), mais s’appuie surtout sur une pratique exigeante et réussie en laboratoire. Pour lui, les mystères alchimiques et kabbalistiques véhiculent nécessairement une validation tangible. Comme nombre d’adeptes, il se sentit ou fut incompris comme le précise Clément Rosereau :

« Malgré quelque notoriété, Eugène Philalèthe éprouve de la déception. Il confie à travers ses traités, non sans émotion, qu’il se sent seul et incompris. Il invite à suivre son exemple, à mettre la main à l’œuvre de Dieu. Il alerte ses contemporains : voilà le sens de la vie, la voie et la vérité. Il supporte difficilement la bêtise ou l’ignorance de ses semblables. Il se met en colère, il ne mâche pas ses mots, car s’il écrit, c’est qu’il a quelque chose à dire. »

Voyons donc ces écrits rassemblés ici, considérés comme majeurs dans le domaine de l’hermétisme. Ils sont publiés par ordre chronologique :

1650 : L’Anthroposophie théomagique – L’âme magique cachée – L’Homme-Souris.

1651 : Le Second Passage à savon, ou le More à nouveau lessivé – La Magie adamique, suivi du Ciel terrestre – Lumen de Lumine, suivi des Douze Aphorismes magiques.

1652 : Aula Lucis, ou la Maison de la Lumière – Préface à la traduction anglaise des Manifestes Rose-Croix, et Brève Déclaration sur l’Œuvre Physique de la Fraternité de la Rose-Croix.

1655 : L’Euphrate ou les Eaux de l’Orient.

S’ajoutent, en complément, le carnet de notes personnelles de Thomas Vaughan qu’il tint de 1658 à 1662, intitulé L’Eau de vie, non de vigne et un recueil de poèmes, Thalia rediviva, paru après sa disparition.

Cet ensemble fait corpus et soutient des praxis à découvrir, mettre en œuvre et valider. Certes, il faut accepter les détours, les contre-sens, les carrefours incertains et apprendre à lire les signes comme entre les signes. D’une rare densité, Philalèthe n’écrivant pas une phrase sans servir une idée forte, ces textes qui demandent étude, persévérance et sagacité n’en sont pas moins agréables à lire.

Clément Rosereau, comme l’auteur lui-même, insiste sur le caractère silénique de ces écrits : « sous l’écorce rugueuse gît le noyau bénéfique ». La tradition orale demeure essentielle et ne doit pas céder de place aux abus de la rhétorique ou de la scolastique par l’Université. Philalèthe en appelle à la Sagesse plutôt qu’aux savoirs à travers la « Magie » définie comme « sagesse du Créateur, révélée et plantée dans la créature ».

Un extrait de la préface à L’Anthroposophie théomagique nous dit vers quelle profondeur Philalèthe veut nous entraîner :

« Pour expliquer comment retrouver la royauté originelle, reproduire la création, refaire la Genèse, c’est-à-dire engendrer la sainte incarnation, acquérir le corps glorieux, Philalèthe analyse les mystères de la nature et de l’Homme. Il développe la nature et la composition de l’homme, créature royale, faite d’une terre bien particulière : qui connaît cette terre, connaît le sujet du médicament philosophique. Les éléments de la matière doivent être séparés, puis réunis en pure et parfaite corporification, dans le grand monde comme dans le petit monde. Telle est l’aventure divine de l’Homme, Homme que Philalèthe définit ici comme « L’Homme intérieur substantiel ». A plusieurs reprises, de façons différentes, il nous parle de la naissance et de la croissance du corps de gloire (…) Philalèthe parle de la protochymie de l’Esprit divin, qui permet le saint réengendrement de l’homme… »

Il est légitime de se demander quelle peut être l’actualité de ce livre. Comme toutes les œuvres majeures, celle d’Eugène Philalèthe est intemporelle car elle traite non de l’apparaître mais de ce qu’il voile et révèle. Alors que le monde initiatique, ou qui croit l’être, tombe de plus en plus dans le simulacre, Philalèthe dit aujourd’hui, tout comme il y a presque quatre siècles, quelle est la voie, sa nature, sa finalité, et les modalités opératives qu’elle propose ou exige.

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